Le biais de confirmation : pourquoi on veut croire aux bonnes affaires

Quand notre cerveau nous pousse à voir des réductions… même là où il n’y en a pas.

Vous avez repéré un produit qui vous plaît. Vous voyez une étiquette « -40% ». Vous parcourez rapidement les avis : plutôt positifs. Vous ajoutez au panier, vous validez. Convaincu d’avoir fait une bonne affaire.

Deux semaines plus tard, en discutant avec un ami, vous découvrez qu’il a acheté le même produit ailleurs, moins cher. Vous retournez voir la page : les avis négatifs que vous n’aviez pas vus mentionnent exactement le défaut qui vous agace aujourd’hui. Et en cherchant un peu, vous réalisez que le fameux « prix barré » n’avait rien de réel.

Ce n’est pas de la stupidité. Ce n’est pas un manque d’attention. C’est le biais de confirmation, un mécanisme psychologique puissant, universel, qui nous pousse à voir ce qu’on a envie de voir. Et à ignorer tout le reste.

Au programme de cet article

  • Ce qu’est le biais de confirmation et pourquoi il nous concerne tous.
  • Comment ce biais nous fait croire qu’une promo est bonne alors qu’elle ne l’est pas.
  • Les techniques des marques qui exploitent ce mécanisme.
  • Des méthodes concrètes pour déjouer ce biais avant d’acheter.

Le biais de confirmation : de quoi parle-t-on ?

Le biais de confirmation, c’est notre tendance naturelle à rechercher, interpréter et mémoriser les informations qui confirment ce qu’on croit déjà.

Et à ignorer, minimiser ou oublier celles qui contredisent nos croyances.

Dit autrement : quand on veut que quelque chose soit vrai, on trouve des preuves que c’est vrai. Même quand ça ne l’est pas.

Ce n’est pas un défaut de caractère ou un manque d’intelligence. 

C’est un mécanisme cognitif universel, documenté par des décennies de recherche en psychologie. Tout le monde y est sujet, les consommateurs comme les experts, les sceptiques comme les enthousiastes. Personne n’y échappe complètement.

Comment ce biais agit quand on cherche une bonne affaire

On cherche ce qui confirme que c’est une bonne affaire

Quand on a repéré un produit et qu’on veut l’acheter, on ne cherche pas vraiment à savoir si c’est une bonne affaire. On cherche des preuves que c’en est une.

On regarde le prix barré : « Ah, -40%, c’est intéressant. » On parcourt les premiers avis : « 4,5 étoiles, les gens sont contents. » On note la mention « best-seller » : « C’est que ça doit être bien. » On voit qu’il n’en reste que quelques-uns en stock : « Je ferais mieux de ne pas traîner. »

À chaque étape, on accumule des signaux qui confirment notre intuition initiale : c’est une bonne affaire, et on a raison de vouloir l’acheter.

On ignore ce qui pourrait nous faire douter

À l’inverse, on passe vite sur tout ce qui pourrait remettre en question notre décision : 

  • Les avis négatifs ? « C’est sûrement des cas isolés, des gens difficiles. » 
  • Le prix de référence qui semble élevé ? « Ça doit être le vrai prix, ils ne peuvent pas mentir. » 
  • Le fait qu’on n’a pas comparé avec d’autres sites ? « J’ai pas le temps, et puis celui-ci a l’air sérieux. »

On ne ment pas consciemment. On filtre. Notre cerveau écarte les informations qui créent de l’inconfort, ce qu’on appelle la dissonance cognitive. Et il retient celles qui nous confortent.

On se souvient surtout des bonnes expériences

Le biais de confirmation ne s’arrête pas à l’achat. Il continue après.

Si le produit nous satisfait, on retient l’expérience. « J’avais raison, c’était une bonne affaire. » Cette mémoire positive renforce notre confiance pour les prochains achats.

Si le produit nous déçoit, c’est plus flou. On oublie plus facilement. Ou on rationalise : « C’était pas si cher », « Ça reste correct pour le prix », « J’aurais dû lire les avis plus attentivement » — en rejetant la faute sur soi plutôt que sur le processus.

Résultat : on entre dans une boucle. On croit qu’on sait repérer les bonnes affaires, alors qu’on sait surtout se convaincre qu’on en a trouvé une.

Les techniques des marques qui exploitent ce biais

Les marques et les sites e-commerce connaissent très bien le biais de confirmation. Ils ne l’ont pas inventé, mais ils savent parfaitement l’exploiter.

Leur objectif : vous donner exactement ce que vous cherchez, des signaux qui confirment que vous faites une bonne affaire.

Les prix barrés : un ancrage parfait pour le biais

Le prix barré est l’outil numéro un du biais de confirmation appliqué au commerce.

Vous arrivez sur une page produit. Vous voyez : « 89,9953,99 € – Économisez 40% ». Votre cerveau a immédiatement ce qu’il cherchait : la preuve que c’est une bonne affaire.

Peu importe si le prix de référence est réel, gonflé artificiellement ou s’il n’a jamais été pratiqué. Peu importe si le produit était à 53,99 € depuis des mois. Vous avez votre signal de confirmation. Le travail est fait.

Les avis positifs mis en avant

Sur la plupart des sites, les avis sont triés par défaut pour montrer les plus positifs en premier. Ou bien la note moyenne est affichée en gros, bien visible (« 4,7/5 »), tandis que le détail des avis négatifs demande plusieurs clics.

Vous trouvez ce que vous cherchez : des gens satisfaits qui valident votre choix. Les avis critiques existent, mais ils sont plus bas, moins visibles, plus faciles à ignorer.

Votre biais de confirmation est nourri. Vous pouvez acheter sereinement.

Les formulations rassurantes

« Produit le plus vendu », « Choix Amazon », « Recommandé par 95% des acheteurs », « Note : Excellent ».

Ces mentions n’apportent souvent aucune information vérifiable. Sur quelle période ce produit est-il « le plus vendu » ? Selon quels critères ? Les « 95% des acheteurs » ont-ils vraiment répondu à un sondage ?

Peu importe. Ces formulations vous donnent la validation sociale dont vous avez besoin. Elles confirment que vous faites le bon choix, que d’autres avant vous ont été satisfaits. Votre cerveau coche la case.

Comment les marques nourrissent votre biais de confirmation

Ce que vous voyezCe que vous pensezCe que vous ne vérifiez pas
Prix barré -40%« Je fais une vraie économie »Le prix de référence est-il réel ? A-t-il jamais été pratiqué ?
Note 4,5/5« Le produit est excellent »Combien d’avis au total ? Que disent les avis 1 et 2 étoiles ?
« Best-seller »« C’est un choix sûr, validé par d’autres »Best-seller sur quelle période ? Selon quel critère ?
« Plus que 3 en stock »« Je dois me décider vite »Le stock est-il vraiment limité ? Se renouvelle-t-il chaque jour ?
Avis 5 étoiles affiché en premier« Les gens sont satisfaits »Pourquoi cet avis est-il mis en avant ? Quels sont les avis critiques ?

Le piège des codes promo et le biais de confirmation

Le biais de confirmation est particulièrement actif quand on cherche un code promo. Et c’est là que ça devient vraiment problématique.

Vous êtes sur le point de commander. Vous voyez le champ « Code promo » dans le panier. Vous ouvrez un nouvel onglet, vous tapez « code promo + [marque] » dans Google.

Vous tombez sur un site qui affiche une liste de codes. Il y en a plusieurs : PROMO15, BIENVENUE10, REDUCTION20. Vous en voyez un qui promet -15%. Vous vous dites : « Super, j’ai trouvé. »

Et vous arrêtez de chercher.

Vous ne vérifiez pas si le code est encore valide. Vous ne lisez pas les conditions en petits caractères. Vous ne regardez pas la date de publication de la page. Vous ne vous demandez pas pourquoi ce site aurait accès à un code que la marque ne met pas en avant elle-même.

Pourquoi ? Parce que vous avez trouvé ce que vous cherchiez. Un code. Une promesse de réduction. Votre cerveau a sa confirmation : vous allez faire une économie.

Et quand le code ne fonctionne pas au moment de payer, c’est la douche froide. Mais souvent, vous achetez quand même. Vous étiez déjà mentalement engagé. Vous aviez déjà décidé que c’était une bonne affaire.

C’est exactement ce que les sites de coupons exploitent, consciemment ou non. Ils vous donnent l’illusion d’avoir trouvé quelque chose. Le biais de confirmation fait le reste. Vous ne cherchez plus la vérité sur le code. Vous cherchez la permission de valider votre panier.

Lire les avis négatifs en premier

Changez votre habitude de lecture des avis.

Au lieu de regarder la note globale et les premiers avis (souvent positifs), commencez par filtrer les avis 1 et 2 étoiles. Lisez-les attentivement.

L’objectif n’est pas de vous décourager systématiquement. C’est d’avoir une vision équilibrée. Si les critiques portent sur des détails mineurs ou des cas particuliers, c’est plutôt rassurant. Si elles pointent des défauts majeurs qui reviennent souvent, vous le saurez avant d’acheter, pas après.

Appliquer la règle des 24 heures

Pour tout achat non urgent (c’est-à-dire la grande majorité des achats en ligne), attendez 24 heures avant de valider.

Le biais de confirmation est plus fort dans l’instant, quand l’émotion et l’envie dominent. « C’est une bonne affaire, il faut que j’en profite maintenant. » C’est exactement ce que votre cerveau (et le marketing) veut vous faire croire.

Avec 24 heures de recul, l’urgence retombe. Vous pouvez regarder les choses plus froidement. Souvent, vous réaliserez que l’affaire n’était pas si exceptionnelle ou que vous n’aviez pas vraiment besoin du produit.

Pour aller plus loin, lire notre article « La règle des 24h avant d’acheter : pourquoi ça marche« .

Se méfier quand tout semble parfait

Si tout converge pour vous dire que c’est une bonne affaire (le prix barré impressionnant, la note excellente, les avis dithyrambiques, le stock limité, l’urgence de l’offre), posez-vous une question : est-ce que c’est vraiment aussi parfait ou est-ce que mon cerveau a filtré tout ce qui cloche ?

Quand tout semble aligné pour vous pousser à acheter, c’est souvent le signe que vous êtes en plein biais de confirmation. Faites une pause. Revérifiez. Cherchez la faille.

Elle existe presque toujours.

Conclusion

Le biais de confirmation n’est pas une faiblesse personnelle. C’est un mécanisme humain universel qui touche tout le monde. Notre cerveau est câblé pour chercher la cohérence, pour confirmer nos intuitions, pour éviter l’inconfort du doute.

Dans le contexte des achats en ligne, ce mécanisme peut nous coûter cher. Les marques et les sites e-commerce le savent. Ils conçoivent leurs pages, leurs prix barrés, leurs avis, leurs messages d’urgence pour nourrir ce biais. Pour vous donner exactement ce que vous cherchez : la confirmation que c’est une bonne affaire.

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois qu’on connaît ce mécanisme, on peut le déjouer. Pas en devenant méfiant de tout, mais en adoptant quelques réflexes simples : chercher les raisons de ne pas acheter, vérifier l’historique des prix, lire les avis négatifs, attendre 24 heures.

Ce n’est pas une question de volonté ou d’intelligence. C’est une question de méthode.

À retenir

  • Le biais de confirmation nous pousse à voir ce qui confirme nos envies et à ignorer ce qui les contredit.
  • Quand on cherche une bonne affaire, on cherche souvent des preuves que c’en est une, pas la vérité objective.
  • Les marques exploitent ce biais : prix barrés, avis positifs mis en avant, formulations rassurantes, fausse urgence.
  • Les sites de codes promo jouent sur ce mécanisme : vous trouvez un code, vous pensez avoir trouvé une affaire, vous ne vérifiez plus rien.
  • Pour déjouer ce biais : cherchez activement les raisons de ne pas acheter, vérifiez l’historique des prix, lisez les avis négatifs en premier, attendez 24 heures avant de valider.
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