Les ficelles des promotions

Arnaques au nom des marques : faux sites, faux SMS et faux concours en cours

Faux sites à −80 %, faux SMS de colis, faux concours : les arnaques relevées au nom des marques, comment les repérer et que faire si vous êtes piégé.

Mis à jour le 1er octobre 2026 8 min de lecture Par la rédaction Skoqo, sans lien avec les marques

Un Dyson à 1,95 €, des baskets à −80 %, un SMS qui réclame 1,99 € de frais de douane pour un colis Temu. Les escrocs adorent emprunter le nom des marques que vous aimez. Ce n’est pas la marque qui vous arnaque : c’est quelqu’un qui a enfilé son costume. En mettant à jour chaque fiche marque, Skoqo relève ces pièges et les rassemble ici, avec la façon de les reconnaître et ce qu’il faut faire si l’on a mordu à l’hameçon.

Le dossier Skoqo231 marques visées par des arnaques en coursDonnées relevées et datées, mises à jour à chaque vérification · dernier relevé le 7 octobre
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Chaque ligne renvoie à l’encadré d’alerte de la fiche marque (ou à son « vrai ou faux » quand le piège y est classé arnaque). Vous y trouverez les adresses signalées, les dates et surtout le seul site officiel. La liste est recalculée à chaque mise à jour du site.

Les six familles d’arnaques au nom des marques

Les noms changent, les scénarios beaucoup moins.

1. Le faux site de « liquidation » vendu par publicité

C’est le piège le plus répandu. Une publicité sur Facebook, Instagram ou TikTok annonce une fermeture, un déstockage ou une liquidation à −70, −80 voire −90 %. Le site copie le logo, les photos et ajoute souvent un compte à rebours. On paie. Rien n’arrive. Au mieux, une contrefaçon.

Les fausses liquidations Helly Hansen et Lululemon suivent ce modèle. Un faux « Maje Outlet » a vendu des pièces à −90 % sans jamais livrer (fiche Maje). Un site castoramaofficial.com a promis une braderie du mobilier de jardin à −80 % alors que Castorama ne vend que sur castorama.fr. Et certains acheteurs de fausses Hoka ont reçu des chaussures marquées « NOKA ».

Le détail qui trahit presque toujours, c’est l’adresse. Le nom de la marque suivi de « france », « outlet », « officiel » ou « soldes ». Une extension inhabituelle comme .shop ou .top. Un i sans point dans « adıdas » (fiche Adidas). Ou un simple tiret à la place d’un point : secure2-ldlc.com est un faux, le vrai espace client de LDLC est secure2.ldlc.com.

2. Le faux SMS ou e-mail : colis, compte, remboursement

Deuxième grand classique : un message qui vous presse d’agir. Un colis bloqué faute de frais de douane, alors que Temu encaisse ces frais au moment du paiement et ne réclame rien ensuite. Un abonnement « renouvelé » pour plusieurs centaines d’euros, comme les faux mails Norton à 349 €. Un paiement refusé à régulariser sous 48 heures chez Netflix, Spotify ou Canal+.

Autre variante : la fausse commande. Un mail confirme un achat que vous n’avez jamais fait et propose un lien pour l’annuler. Cybermalveillance.gouv.fr cite Amazon, Boulanger, Cdiscount, Darty et la Fnac parmi les enseignes imitées.

Un message peut même arriver par le bon canal. Chez Booking, des escrocs ont piraté des comptes d’hôtels partenaires et écrivent aux clients depuis la messagerie officielle, avec leur nom et leurs dates. Après une fuite de données, comme chez Boulanger ou Nature & Découvertes en septembre 2026, les faux messages peuvent citer vos vraies coordonnées, voire vos commandes. Qu’un message connaisse vos achats ne prouve donc rien.

3. Le faux concours et la carte cadeau contre un sondage

« Pour son anniversaire, la marque vous offre… » La formule revient sans cesse : paires Adidas sur WhatsApp, billets Air France ou easyJet gratuits, bon d’achat IKEA de 500 €, carte cadeau Amazon contre un questionnaire.

La variante la plus sournoise réclame de petits « frais de port ». Une machine Nespresso offerte, un set Parkside chez Lidl contre 2,99 €, un calendrier de l’Avent Sephora contre 2 €. Ces quelques euros servent à récupérer votre carte bancaire. Parfois ils déclenchent un abonnement caché : la fausse publicité « Dyson V15 à 1,95 € » cachait un prélèvement de 49,80 € par mois (fiche Dyson).

Autre classique : l’« ancien salarié » qui révèle un stock secret, vu chez Yves Rocher, Zara ou LEGO.

4. Le faux service client et le faux conseiller

Ici, l’arnaque passe par le téléphone. Un faux mail de renouvellement vous invite à appeler un numéro pour « annuler », comme chez Kaspersky ou Bitdefender. Variante : une fausse alerte « virus » affiche un numéro de support, un piège parmi les plus fréquents d’après Cybermalveillance.gouv.fr (fiche HP).

Méfiance aussi avec les numéros trouvés sur un moteur de recherche. Etsy n’a aucun numéro de téléphone pour son service client : tout numéro trouvé en ligne est faux. Chez Qonto, de faux conseillers publiés dans des annuaires font valider des opérations « pour sécuriser le compte ».

5. Le « code promo gratuit » et l’abonnement « à vie »

Netflix ne distribue aucun code gratuit. Les pages qui en promettent un demandent un sondage, une carte bancaire ou l’installation d’une appli. Les applications modifiées sont encore pires : de faux « CapCut Pro » ont installé des logiciels d’accès à distance (fiche CapCut).

Même piège pour les licences « à vie » à quelques euros : Adobe, Dashlane et ExpressVPN n’en vendent pas. Ces comptes peuvent être coupés du jour au lendemain. Pour les codes simplement inutiles, voyez notre guide pour repérer les faux codes promo.

6. Le faux démarcheur et le paiement hors plateforme

Verisure signale de faux démarcheurs à son nom. Ses vrais experts portent une tenue rouge au logo de la marque et montrent leur carte professionnelle. Aucun n’est envoyé par la mairie ni par la police.

Sur les plateformes, le piège consiste à payer ailleurs. Un « hôte » Airbnb propose une réduction contre un virement. Une machine Jura presque neuve s’affiche sur Leboncoin à un prix quatre à six fois plus bas que les autres annonces. Dès qu’on quitte la plateforme, sa protection ne vous couvre plus.

Vérifier un site ou un message en une minute

  1. Lisez l’adresse lettre par lettre. Un tiret, une lettre doublée, un mot ajouté (« france », « outlet », « officiel ») ou une extension exotique suffisent à changer de propriétaire. Le site officiel de chaque marque figure sur sa fiche Skoqo.
  2. Ne cliquez pas, tapez. Ouvrez vous-même l’appli ou le site officiel. Si la commande, le colis ou l’abonnement existent, ils y apparaissent.
  3. Comparez la remise au plafond officiel. Un −90 % là où l’outlet officiel s’arrête à −50 % doit vous alerter. Notre guide sur les fausses promotions détaille la méthode.
  4. Méfiez-vous de l’urgence. « Sous 24 heures », « dernière chance », compte à rebours : la pression sert à vous empêcher de vérifier.
  5. Regardez l’expéditeur. Une adresse Gmail ou un domaine presque identique doit vous alerter.
  6. Cherchez les mentions légales. Pas d’adresse, pas de téléphone, pas de société identifiée : passez votre chemin.
  7. Trois demandes valent un stop immédiat. Payer des frais pour recevoir un cadeau. Payer en dehors de la plateforme. Donner un code reçu par SMS.
  8. Trouvez le numéro vous-même. Au dos de votre carte bancaire, dans l’appli ou sur le site officiel. Jamais celui du message ni le premier résultat d’un moteur de recherche.

Astuce

Une publicité vous propose une marque à prix cassé ? Avant de payer, ouvrez sa fiche Skoqo. L’adresse du site officiel y figure, avec les faux sites déjà signalés à son nom.

Vous vous êtes fait avoir : que faire, dans l’ordre

Voici les étapes recommandées par Service-public.fr et Cybermalveillance.gouv.fr.

  1. Faites opposition sur votre carte tout de suite si vous avez donné ses coordonnées. Appelez votre banque ou le serveur interbancaire d’opposition au 0 892 705 705, ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Notez le numéro d’enregistrement qu’on vous donne. Composez ce numéro vous-même : des escrocs diffusent de faux numéros d’opposition.
  2. Changez vos mots de passe si vous avez saisi vos identifiants. Activez la double authentification quand le site la propose.
  3. Gardez les preuves. Captures d’écran du site, adresse exacte, mails, SMS et relevés bancaires.
  4. Signalez la fraude ou portez plainte. Si votre carte a été utilisée en ligne à votre insu alors que vous l’avez toujours, déclarez-le sur Perceval, après l’opposition. Pour un faux site de vente ou une arnaque en ligne, la plainte peut se faire sur THESEE, la plateforme du ministère de l’Intérieur. Vous pouvez aussi aller au commissariat ou à la gendarmerie.
  5. Demandez le remboursement à votre banque pour les paiements que vous n’avez pas autorisés, avec le récépissé de votre signalement ou de votre plainte. Le délai maximal est de 13 mois après l’opération (70 jours si le paiement a eu lieu hors de l’Espace économique européen).
  6. Signalez le message ou le site pour protéger les suivants. Un SMS se transfère gratuitement au 33700 (33700.fr). Un mail se signale sur Signal Spam. Un site frauduleux se signale sur Phishing Initiative et sur Pharos. Un faux site marchand peut aussi être signalé à la répression des fraudes sur SignalConso. Prévenez enfin la marque : beaucoup ont une adresse dédiée, indiquée sur leur fiche Skoqo.
  7. Faites-vous aider. 17Cyber propose un diagnostic en ligne à toute heure. Si la situation l’exige, il vous met en relation avec un policier ou un gendarme. Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, numéro gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30. France Victimes répond au 116 006.

À retenir

Une marque ne vous demande jamais de payer des frais pour recevoir un cadeau. Elle ne vous fait jamais payer en dehors de son site ou de son appli. Elle ne réclame jamais un code reçu par SMS. Au moindre doute, fermez le message et ouvrez vous-même le site officiel.

Questions fréquentes

Les marques sont-elles au courant de ces arnaques ?

Souvent, oui. Elles en sont elles aussi victimes : leur nom et leur logo sont utilisés sans autorisation. IKEA, Dyson, Castorama ou Leroy Merlin publient même une page d’alerte.

Un SMS cite ma vraie commande : vient-il forcément de la marque ?

Non. Après une fuite de données, les escrocs connaissent parfois votre nom, votre adresse et vos achats. Vérifiez toujours dans votre espace client, sur l’appli ou le site officiel.

Peut-on être remboursé après avoir donné sa carte bancaire ?

Pour un paiement que vous n’avez pas autorisé, la banque doit en principe rembourser si vous la prévenez dans les délais vus plus haut. Faites opposition au plus vite et gardez le récépissé de votre signalement.

Comment savoir si un site est le vrai site d’une marque ?

Ouvrez sa fiche Skoqo : le site officiel y est indiqué. Avant le Black Friday, redoublez de prudence : c’est la saison préférée des faux sites.

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